Il Lombardia – Tour de Lombardie 2019

Le dernier Monument de la saison. Le Tour de Lombardie, réservé aux puncheurs-grimpeurs, l’autre classique des feuilles mortes se réserve aux hommes forts de fin de saison.

Tour de Lombardie 2019

Déroulement de la course

Le parcours reste sensiblement le même qu’en 2015 et 2017. Un point important, nous vous dirons pourquoi en fin d’article.

Une échappée va se former et attaquer après 48 kilomètres la première difficulté de la journée : le Colle Gallo.

Colle Gallo

Avec 6kms à 6.7%, c’est un excellent test pour les favoris. D’entrée de jeu, nous verrons qui aura les jambes ou non. C’est une partie de poker menteur à laquelle nous allons assister.

S’en suit le Colle Brianza, pas très exigeant (4.9% de moyenne). Placé pile entre le Colle Gallo et la Madonna del Ghisallo, il usera les jambes faibles du peloton avant d’attaquer les choses sérieuses.
Justement, le coup d’envoi de la 113e édition du Tour de Lombardie débute à un peu plus de 70 kilomètres de l’arrivée à Como. Les amateurs de cyclisme frémissent rien que d’entendre le nom du Monument dans le Monument : Madonna del Ghisallo.

Madonna del Ghisallo

Véritable temple du cyclisme, la pente est divisée en deux parties distinctes. Tout d’abord avec près de 3.5kms à 9.2%, qui va instantanément éprouver les organismes. Les hostilités peuvent commencer dès le pied de la montée, avant le replat de 4kms. Vient ensuite le sommet avec 1.3kms à 9.5% ! Parfait pour lancer l’estocade avant la descente au pied de l’Église.

À partir de ce moment là, le terrible Muro di Sormano se profile. Pas moyen de se cacher ici.

Muro di Sormano

Presque 2kms à 15% de moyenne, avec une pointe à 27% ! Particularité de la légende, les organisateurs ont eu l’idée de peindre au sol le nom de tous les coureurs passés en tête au sommet depuis 1960. Si cela fait joli dans le paysage, les coureurs l’ont certainement en horreur. Inévitablement cela agit comme un compte à rebours. Une angoisse totale pour n’importe quel cycliste. Sans compter qu’il aura fallu passer plusieurs kilomètres sur une pente à plus de 6% de moyenne (ci-dessous le profil complet).

Colma di Sormano

La course sera décantée après le passage des ces lieux mythiques. Pour les 20 kilomètres qui suivent, conserver un ou deux équipiers sera un énorme avantage. Il faudra conserver les écarts acquis dans Sormano dans la plaine avant le Civiglio. Après 221 kilomètres d’effort, le Civiglio en prend 5 au total.

Civiglio

C’est le moment pour les leaders de bouger pour la gagne.

Homme seul ou petit groupe, les organisateurs ont mis une petite surprise avant l’arrivée à Côme avec San Fermo della Battaglia.

San Fermo della Battaglia

Ultime chance pour se démarquer, la rampe devrait être un feu d’artifice d’attaques ou… un marquage à la culotte.
San Fermo vous rappelle quelque chose ? Ce passage était déjà présent en 2015 et 2017… lors des deux victoires de Vincenzo Nibali !

Le Tour de Lombardie, une histoire de revanche

Comme souvent, le Tour de Lombardie revient au plus audacieux. Vincenzo Nibali, Joaquim Rodriguez, Oliver Zaugg, Philippe Gilbert… Les exemples ne manquent pas.
Le dernier Monument a également la particularité d’agir parfois comme une sorte de revanche du championnat du monde. Lorsque les mondiaux se disputent sur des circuits difficiles, les protagonistes sont souvent les mêmes en Lombardie. 
Surement capable d’accrocher un podium à Innsbruck, Thibaut Pinot avait été cantonné à un role d’équipier de luxe. Il a surclassé ses adversaires sur les routes lombardes l’an dernier.
En 2017, Julian Alaphilippe et Gianni Moscon terminant respectivement 2 et 3e avaient animé la fin de course à Bergen. En 2013, Purito avait pris une revanche après avoir été battu à Florence. Samuel Sanchez et Alexandre Kolobnev avaient échoué respectivement à la 2 et 3e place en 2009 après s’être battus pour une médaille à Mendrisio.


C’est également la course où il faut aller chercher des points UCI et la toute dernière chance pour les leaders ayant vu la saison défilée sans avoir pu s’exprimer. Aussi, c’est une course spécialistes. En regardant de plus près les podiums, on y retrouve toujours les mêmes noms. Similaire aux classiques du printemps, mais moins aléatoire, étant donné le caractère moins hasardeux du revêtement :
– Vincenzo Nibali, 3 podiums en 4 ans (2 victoires)
– Les nombreux « doublés » : Joaquim Rodriguez (2012-2013), Philippe Gilbert (2009-2010), Damiano Cunego (2007-2008), Paolo Bettini (2005-2006), Michele Bartoli (2002-2003)
C’est une donnée qu’il va falloir garder en tête samedi après-midi.

Autre point important, la corrélation entre Giro dell’Emilia et Tour de Lombardie. Réservée aux meilleurs puncheurs du peloton, le Giro dell’Emilia se situe une semaine avant le dernier monument de la saison depuis 2016. Depuis, le vainqueur du Lombardie n’a jamais fait pire que 5e en Emilie. Mieux encore, le podium du Lombardie se trouve dans le top 10 de la course précédente. Des 9 coureurs placés sur les trois marches en Lombardie, 7 avaient joué placé dans le top 10 en Emilie.

Favoris

Jakob Fuglsang : Convaincant au Yorkshire (12e), le danois termine son incroyable année sur les routes lombardes. 8e en Émilie et sur Milan-Turin, il bénéficiera du soutien de Ion Izagirre, équipier de luxe d’un jour, et bien en forme après un championnat du monde fini à la 16e place et un Milan-Turin à la 11e place. Son frere Gorka semble également capable d’accompagner son leader. Bien en jambes au Yorkshire (9e !), il vient de placer deux tops 15 cette semaine. La présence de Miguel Angel Lopez, probablement hors de forme est à noter, tout comme celle de Davide Villela, 2e en Croatie et 7e sur le Gran Piemonte. Spécialiste du Lombardie, c’est un équipier de choix !

Vincenzo Nibali : Double vainqueur sur le même tracé, l’italien fait peur. Il n’était pas dans le coup en Émilie, mais ce n’est pas un problème pour un coureur de son calibre. Ratant rarement ses rendez-vous, il aura également Dylan Teuns à ses côtés pour l’épauler, 3e l’an dernier. Le belge semble toutefois à court de forme. L’italien ne pourra probablement compter que sur la ruse, il devra anticiper. Le triplé semble loin.

Sergio Higuita : Le monde a changé, place à la jeunesse ! Un Maillot Jaune né en 97, un chasseur d’étape né en 98 à la Vuelta, un champion du monde né en 95… C’est peut-être le tour de Sergio Higuita ! Contrairement à ses adversaires, il n’est au haut niveau que depuis le mois de mai. Vainqueur d’une étape de la Vuelta et 3e en Émilie et 5e à Varese récemment, il est sûrement l’un des coureurs les plus en forme du moment. Pour autant, c’est la première fois qu’il devra encaisser une telle distance. Fatal.

Michael Woods : Un vainqueur qui ferait consensus. Il apparaît comme l’un des hommes à battre après sa 2e place en Émilie et surtout sa démonstration dans Superga, mais on peut douter de ses capacités de finisseur. C’est là tout le drame du Canadien ! Une arrivée au sommet serait plus bénéfique.

Alejandro Valverde : L’artillerie lourde pour Movistar ! Si la formation espagnole devrait offrir le leadership à Alejandro Valverde, elle emmène Nairo Quintana, Mikel Landa et Marc Soler ! L’ancien champion du monde arrive en favori au Lombardie, qu’il n’a curieusement jamais remporté. Auteur d’une fin de saison du tonnerre (2e de la Vuelta, 5e en Emilie, 2e sur le Beghelli et à Turin), le parcours lui correspond parfaitement. La tactique qui sera mise en place peut toutefois lui être fatal pour deux raisons: Nairo Quintana, sur le départ et s’etant redécouvert un tempérament d’attaquant cette saison ne souhaitera pas laisser passer l’occasion de ne pas travailler pour lui. Et Mikel Landa, souvent incapable de se mettre au service d’un leader. Le manque d’unité vers un seul objectif va être problématique.

Egan Bernal : Dans la peau d’un favori, le vainqueur du Tour de France prépare ce rendez-vous depuis 1 mois. INEOS veut remporter un troisième Monument. Oubliez sa victoire en trompe-l’oeil sur le Grand Piemonte, avec aucune concurrence sérieuse pour son talent. Le colombien devra également s’extraire seul, son manque de finish lui sera préjudiciable, comme il l’a été au Giro della Toscana. Cela fait beaucoup de si et INEOS n’est pas une équipe capable de controler des courses d’un jour comme certains de leurs adversaires. La robotisation à ses limites.

Primoz Roglic : On l’avait oublié pensant que la Vuelta l’avait épuisé mais il n’en est rien. Le slovène est venu atomiser la concurrence en Emilie dans la montée de San Luca qu’il avait déja dompté sur le Giro. Mieux, il s’est permis d’aller taper les Trois Vallées Varesine ! Un point intéressant d’ailleurs, étant donné que ce même Giro est passé sur la route du Lombardie cette année. Il avait d’ailleurs chuté dans le Civiglio ! Jumbo aligne une formation bien construite avec Steven Kruijswijk, George Bennett, Sepp Kuss, Robert Gesink ! Il sera difficile de le battre.

A surveiller

Pierre Latour : Sorti 7e en Émilie et 11e sur les Trois Vallées Varesine, le français a l’avantage d’avoir accumulé moins de courses que les autres au moment de prendre le départ de ce Lombardie. Après une Vuelta un peu compliquée où il aura échoué à prendre son étape, cela lui permet de venir en pleine forme aujourd’hui. Top 10 attendu, ou mieux ?

BORA-Hansgrohe : All-in pour BORA ! Davide Formolo, Emanuel Buchmann, Patrick Konrad, Rafal Majka et Maximilian Schachmann seront de la partie. La formation allemande espère donc un résultat, mais quelle est la stratégie ? Sans résultats notables sur les courses de préparation, c’est l’inconnu.

David Gaudu : Le voir l’emporter serait une immense surprise, mais après tout, il a comme conseiller ni plus ni moins que le vainqueur sortant Thibaut Pinot. Absent des débats en Emilie, il a tout de même sorti une 4e place sur le GP Bruno Beghelli et une 5e sur Milan-Turin. Des performances encourageantes. Rarement leader, il sait toutefois saisir sa chance, comme en Romandie ou aux Emirats ou sur Liège-Bastogne-Liège qu’il a fini à une impressionnante 6e place.

Bauke Mollema : Trek peut-elle continuer sur sa lancée miraculeuse ? Catastrophique en début de saison, Mads Pedersen a réussi à ramener un titre mondial inespéré, mais c’est bien le néerlandais qui avance discrètement mais surement ces derniers temps. 4e en Emilie, 5e sur le Beghelli puis 7e à Turin. Les jambes répondent !

Pronostic

Michael Woods peut-il prendre la plus grande victoire de sa carrière ? Apparu comme favori après une campagne italienne plus que brillante, il lui faudra sortir seul et tenir jusqu’à la ligne. C’est une équation qu’il va devoir résoudre.
Parmi les hommes d’expérience, Alejandro Valverde fait peur. Sa saison, un peu sous le radar, est pourtant exceptionnelle ! 5 victoires, 2e de l’UAE Tour et de la Vuelta, 9e du Tour, champion d’Espagne, 7e à Sanremo, 8e sur le Ronde ! Mais l’espagnol ne s’arrête pas là. Battu par un intouchable sur son tour national, il a gentiment déroulé jusqu’à Madrid pour finir sur le podium. 5e en Emilie puis 2e sur le Beghelli et à Turin, il n’a jamais gagné le Lombardie et compte bien réparer cette anomalie cette saison.
Cependant, la motivation ne pourra rien contre Primoz Roglic. Après avoir roulé tranquille au Yorkshire (inexistant sur le chrono mais échappé quelques jours plus tard), il a explosé les compteurs à San Luca. Superbe pilote sur un vélo, bon finisseur, et terrible puncheur, la Slovénie va s’offrir son premier Monument, grâce au numéro 1 mondial. Pas de surprise cette fois !

Pronostic du Guidon : Primoz Roglic


Paris à prendre

Unibet ayant des choix intéressants au niveau des cotes, nous vous proposons quelques paris intéressants à saisir pour le dernier Monument de la saison.

Primoz Roglic vainqueur @ 3.75 (1%)
Alejandro Valverde vainqueur @ 6.5 (0.75%)

Bauke Mollema – top 3 @ 11.00 (0.5%)

Paris Tour de Lombardie

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