Milan-Sanremo 2019

Milan-Sanremo, le premier Monument de la saison ! La Primavera et ses 291 kilomètres nous a récemment offert de belles arrivées. L’insoutenable suspense du trio de tête en 2017, l’échappé folle de Vincenzo Nibali l’an dernier, peut-on rester sur les mêmes standards ?

Milan-Sanremo 2019

Déroulement de la course

Alors évidemment, il faudrait détailler tout le parcours. Ne nous mentons pas, la course ne débute qu’après 250 kilomètres. Avant, le peloton est en mode tourisme avec des échappés souvent à plus de 10 minutes. On ne peut pas leur en vouloir, les 40 derniers kilomètres de Milan-Sanremo sont parmi les plus indécis et les plus tendus de la saison.

La succession des Capi

5 capi pour défaire la course, mais un seul pour faire une vraie différence. Tous les yeux seront braqués, comme tous les ans, sur le Poggio, ultime capo de la journée. Avant, il faudra passer les « Tre Capi » ou Capo Mele, marquant le vrai début de Milan-Sanremo, Capo Cervo et Capo Berta. Trois bosses relativement courtes où le peloton va commencer à tester les organismes de chacun. Une chatouille, mais qui peut avoir des conséquences sur le sprint final si l’on est pas bien.

Cipressa

Vient ensuite la Cipressa. Chaque année elle agite les espoirs les plus fous chez les fans. Va-t-on voir une attaque décisive dans la Cipressa ? Est-ce que cela va changer la course ? Chaque année, la réponse est non. Toutefois, elle met fin aux espoirs des moins en jambes et favorise le replacement des attaquants. Étonnamment, c’est dans la descente de la Cipressa que les attaques pourraient s’effectuer. Avant d’entamer le Capo di tutti Capi : le Poggio.

Capo di tutti Capi
Poggio di Sanremo

Éternelle question, faut-il attaquer dans le Poggio ? Au vue des deux dernières éditions, la réponse est oui. Mais globalement, rares sont les attaques qui sont allées au bout. Les hommes en forme du mois de Mars peuvent-ils anticiper le sprint final ? Il faut avoir un punch redoutable, et être un très bon descendeur, et enfin être une très grosse machine pour résister au peloton. Peu de coureurs conjuguent toutes ces qualités. Notons qu’il faut posséder entre 10 et 15 secondes lors de la bascule pour espérer l’emporter.

Quick-Step Radar – Épisode 3 : Un problème de leadership ?

L’équation pour Quick-Step est insoluble. Qui mettre en leader pour Milan-Sanremo ?

Elia Viviani : L’un des meilleurs sprinteurs du monde ne vient pas pour faire une place. Il vient pour gagner, et rien d’autre. Sa relation à la Primavera est contrastée, sa meilleure perf étant 9e, en 2017. Mais il est un autre coureur depuis. Il est en confiance et nul doute que Milan-Sanremo traîne dans un coin de sa tête depuis un moment. Il ne lâchera rien.

Julian Alaphilippe : Le français peut-il le faire ? Sa victoire dans un sprint massif sur Tirreno-Adriatico a surpris, mais elle ne doit pas occulter que ce n’était pas un sprint comme les autres. Le meilleure coureur de ce début de saison a une pancarte énorme et on ne peut pas le laisser sortir. Il faudra qu’il soit le plus fort et avec une marge conséquente.

Philippe Gilbert : Le belge est sur le déclin, mais reste un coureur formidable doté d’une intelligence de course exceptionnelle. Auteur d’un excellent Paris-Nice, il s’est rappelé au bon souvenir du peloton. Si Viviani et Alaphilippe sont trop observés, Quick-Step pourrait sortir l’atout Gilbert de sa manche. Le peloton pourra-t-il contrôler les 3 ?

Favoris

Peter Sagan : Sa maladie a-t-elle vraiment freiné sa préparation ? 2e et 5e sur les sprints massifs sur Tirreno-Adriatico, le slovaque semble bien remis. On a plus vu un champion du monde l’emporter à Sanremo depuis 1983. Ça tombe bien, il est libéré de ce poids ! Sagan est un coureur rusé mais qui a toujours manqué de peu la consécration sur le Primavera. Cette année, les choses ont changé. Il prépare un coup.

Sam Bennett : Double carte pour la BORA ! Si Sagan échoue, l’irlandais a les moyens de s’imposer. Brillant depuis la reprise, vainqueur 4 fois, dont 2 fois sur un Paris-Nice relevé, c’est peut-être son année.

Matej Mohoric : En voilà un qui a du cocher le Monument sans rien dire à personne. Certainement inspiré par la victoire de Vincenzo Nibali l’an dernier, qui l’a peut-être conseillé pour 2019, le slovène a toutes les qualités requises. Au soir d’une saison 2018 détonante, il pourrait réaliser un énorme coup en solitaire. Il va falloir se méfier de lui.

Caleb Ewan : On l’avait oublié l’an dernier et il avait bien failli coiffer Vincenzo Nibali sur la ligne. Il réalise un bon début de saison et a les moyens de s’imposer avec sa nouvelle équipe. C’est l’objectif !

Alexey Lutsenko : Bien obligé de mentionner le kazakh après un début de saison stratosphérique. Vainqueur même après des chutes sur Tirreno-Adriatico, il est l’un des rares coureurs à pouvoir l’emporter en solitaire. Jusqu’où peut aller le coureur d’Astana ?

Dylan Groenewegen : Aussi étonnant que cela puisse paraître, le néerlandais n’a jamais couru Milan-Sanremo. Pourtant, bien au-dessus de la mêlée sur les sprints massifs, la première pourrait être la bonne, comme Mark Cavendish en 2009. Très impressionnant sur Paris-Nice, il est le seul à pouvoir battre Elia Viviani ou Fernando Gaviria. Mais il faudra sortir du Poggio.

Fernando Gaviria : Aurait-il gagné en 2016 sans sa chute ? On ne le saura jamais. En revanche, on sait que le colombien aura l’aide d’un ancien vainqueur, Alexander Kristoff. C’est une redoutable paire que ces deux-là vont former dans le final, et il faudra en vouloir pour le sortir du podium.

A surveiller

Sonny Colbrelli : L’italien n’a pas les moyens d’aligner tout le monde sur un sprint. Pour gagner, il lui faudra être malin, choisir la bonne roue, et éventuellement prendre les commandes dans le Poggio. Mission (presque) impossible.

Michael Matthews : Difficile de dire si l’australien arrive à Milan en pleine possession de ses moyens. Avec un jour de course et une chute sur Paris-Nice, la préparation n’est pas idéale. L’an dernier, il avait suivi le même programme pour une 7e place à Sanremo. Qui sait ?

Arnaud Démare : Le français a gagné en 2016, c’est vrai. Mais peut-il le refaire ? C’est peu probable. Le train de la FDJ est l’un des meilleurs et l’apport de Stefan Kung peut changer beaucoup de choses. Malgré tout, le picard a une manière bien à lui de lancer ses sprints, ce qui le désavantage très souvent. Pour l’emporter, il a besoin d’être le plus fort, mais ce n’est pas le cas.

Greg Van Avermaet : Peu impressionnant sur Milan-Sanremo dans le passé (2 tops 10), la chance du belge semble passée sur la Primavera. A moins d’un incroyable baroud dans le Poggio, il ne peut pas gagner ce Monument.

Matteo Trentin : Le champion d’Europe ne peut partir seul ou dans un petit groupe, et ne peut gagner en vitesse pure !

Pronostic

Annihilant méthodiquement toutes les chances des autres équipes quelle que soit la classique, Quick-Step arrive avec une pancarte plus grosse encore que Peter Sagan le jour de son championnat national. Julian Alaphilippe sera trop surveillé et il parait peu probable qu’il convertisse l’essai. Le français va tenter, mais aura besoin d’un compagnon d’échappé. Qui sera assez fou pour le suivre ? Elia Viviani peut-il dépasser Fernando Gaviria ? Oui, il est prêt. Quick-Step doit miser sur le champion d’Italie.
Pourtant, ces derniers temps, Milan-Sanremo a souvent échappé au(x) grand(s) favori(s). Au vue de la forme de la forme de ce dernier, Sam Bennett va l’emporter.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que l’irlandais est en pleine ascension. Il n’est pas celui dont on prendra la roue, mais bien celui qui va dépasser tout le monde. Autre avantage : Peter Sagan. Le slovaque rêve de l’emporter mais en a-t-il seulement les moyens ? Chaque année il échoue de peu. BORA a surpris son monde à San Juan en envoyant l’ancien champion du monde dérailler les trains des autres équipes. Focalisé sur Sagan, le peloton devrait revenir sur lui en cas d’attaque. Si sprint il y a, c’est la chance de Bennett.

Pronostic du Guidon : Sam Bennett


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